Importance de recourir à d’autres membranes que celles en polyacrylonitrile (PAN) pendant une thérapie de remplacement rénal continue, en cas de traitement par caspofungine.
- Chez les patients traités par caspofungine pendant une thérapie de remplacement rénal continue, l’utilisation de membranes filtrantes à base de polyacrylonitrile doit être évitée.
- Des cas d’inefficacité de la caspofungine chez des patients sous thérapie de remplacement rénal continue utilisant des membranes filtrantes en polyacrylonitrile ont été rapportés.
- Si le traitement antifongique est inefficace, cela peut entraîner une aggravation de l’infection systémique, pouvant conduire au décès.
- Il est recommandé d’utiliser une membrane extracorporelle alternative ou un autre antifongique.
La caspofungine est un antifongique présenté sous forme de poudre stérile à diluer pour perfusion intraveineuse. Elle est indiquée dans le traitement des infections fongiques invasives chez les patients adultes ou pédiatriques, ainsi que dans le traitement empirique des infections fongiques présumées chez les patients adultes ou pédiatriques fébriles et neutropéniques (voir le résumé des caractéristiques du produit (RCP) pour l’indication complète).
La recommandation d’éviter l’utilisation des membranes filtrantes à base de PAN chez les patients sous thérapie de remplacement rénal continue (TRRC) et recevant un traitement par caspofungine fait suite à l’analyse de plusieurs signalements de suspicion d’inefficacité de la caspofungine utilisée dans ces conditions, ainsi qu’à des études in vitro suggérant une séquestration de cet antifongique par les membranes en PAN :
Un cas issu de la littérature décrivant une candidémie réversible lors du démarrage et de l’arrêt d’une TRRC utilisant une membrane filtrante en PAN[1] et quatre cas de décès décrivant l’inefficacité de la caspofungine chez des patients sous TRRC avec le même type de membrane.
Deux études in vitro suggèrent une adsorption de la caspofungine par les membranes en PAN[2,3]. La séquestration persiste même après une augmentation de la dose de caspofungine[3]. Toute modification des concentrations plasmatiques de caspofungine peut entrainer un échec thérapeutique. Chez des patients gravement malades, un traitement inefficace peut avoir des conséquences fatales. Il est donc recommandé de recourir à une autre membrane d’épuration extra-rénale ou d’utiliser un autre antifongique, selon le jugement du clinicien.
Lire aussi :
- Raphalen, J.-H., Marçais, A., Parize, P., Pilmis, B., Lillo-Lelouet, A., Lamhaut, L., & Baud, F. J. (2021). Is caspofungin efficient to treat invasive candidiasis requiring continuous veno-venous hemofiltration? A case report. Therapies, 76(5), 512–515
- Baud, F. J., Jullien, V., Secrétan, P.-H., Houzé, P., & Lamhaut, L. (2021). Are we correctly treating invasive candidiasis under continuous renal replacement therapy with echinocandins? Preliminary in vitro assessment. Anaesthesia Critical Care & Pain Medicine, 40(1), 100640.
- Baud, F. J., Jullien, V., Desnos-Ollivier, M., Lamhaut, L., & Lortholary, O. (2023). Caspofungin sequestration in a polyacrylonitrile-derived filter: Increasing the dose does not mitigate sequestration. International Journal of Antimicrobial Agents, 62(6), 107007.